Aqui, journal Néo Aquitain en ligne, est l’un des premiers pureplayers d’info locale. En février 2021, son fondateur Joël Aubert est décédé. En accord avec ses valeurs, l’équipe d’Aqui a su rester actrice du positif, malgré les difficultés. Coup de projecteur sur un média proche de sa région.

Aqui, créé en 2003, a pris jusqu’en 2006 la forme d’un journal papier mensuel dont la ligne éditoriale était le bien-vivre en Aquitaine. En 2007, le journal local devient l’un des premiers pureplayers d’actualité régionale en France. De 2015 à 2018, une version payante, le supplément Aqui Bordeaux Métropole, a été mise en place. Aujourd’hui, Aqui est complètement gratuit et traite d’un large panel de sujets économiques, politiques, culturels, de société ou encore liés à l’environnement.
Joël Aubert, Diplômé de l’Ecole Supérieure de Journalisme de Lille, a effectué une belle carrière au sein du journal Sud-Ouest avant de fonder Aqui. Le journaliste passionné fut notamment directeur de la rédaction du quotidien régional, puis directeur général adjoint de Sud-Ouest. Connu des politiques, des agriculteurs et de nombreux acteurs locaux, Joël Aubert était attaché à la région et y avait ses habitudes. « Il était aussi attaché à mettre en avant « les trains qui arrivent à l’heure. » Il voulait montrer les choses positives. En ce qui concerne les choses négatives, il cherchait des acteurs qui réfléchissent à des solutions, » souligne Solène Méric, journaliste et coordinatrice de la rédaction chez Aqui. En février 2021, Joël Aubert décède. Aqui est placé en redressement judiciaire le 17 mars 2021. « Le décès de Joël, à la fois fondateur, directeur de la rédaction et président, a été un élément fortement perturbateur pour Aqui, » raconte Solène Méric.
Evoluer en gardant son identité
« Un redressement judiciaire a des impacts à la fois sur l’entreprise et le personnel, en termes de ressources humaines cela crée des tensions, sans oublier les perturbations conjoncturelles. Ça crée des incertitudes… » L’équipe d’Aqui maintient alors le cap, tant bien que mal. « Je me suis acharnée à faire en sorte qu’on publie deux papiers par jour, parfois dans des conditions peu évidentes, pour montrer qu’Aqui était vivant et voulait le rester, » explique Solène Méric. Finalement, le 28 décembre, le Tribunal acte la reprise de l’entreprise, rachetée par le groupe Keyop média. « Maintenant que ça va mieux, l’idée c’est de faire évoluer le média et la ligne éditoriale tout en y restant fidèle, tous ensemble, avec l’équipe d’Aqui et Keyop Média, » conclut la journaliste.
Lors du dernier exercice, au 31 septembre 2021, le chiffre d’affaires s’élevait à environ 200 000 €, 40 % provenant des partenariats, 40 % des prestations vidéo et 20 % environ de la pub. Le média local cible les Néo Aquitains, dans une tranche d’âge large et via des sujets très variés. Trois journalistes sous contrat et trois pigistes assurent au quotidien la production d’articles pour le site, qui atteint environ 600 000 pages vues par mois. Le siège social de la société est à Cenon (33), mais les journalistes travaillent depuis divers départements. Ils sont positionnés sur le territoire qu’ils couvrent, et se déplacent plus ou moins loin pour se rendre directement sur le terrain. Les journalistes restent proches de leur région, comme l’était le créateur d’Aqui. Cette année, le prix Joël Aubert a été lancé au Salon de l’Agriculture Nouvelle-Aquitaine.
Sources : Solène Méric, journaliste et coordinatrice de la rédaction chez Aqui
Julie Alleau, secrétaire générale de Keyop Media